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  • La marque SLAVA

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    L’HOMME

     

    Ses origines

    Viatcheslav Zaïtsev, plus connu sous le nom de Slava Zaïtsev, né le 2 mars 1938 à Ivanovo (URSS) est un couturier et costumier russe.
    Fils d’une femme de ménage et blanchisseuse, et d’un ennemi du peuple (son père était déporté dans un camp stalinien), son existence semblait toute tracée. N’ayant pas la possibilité de faire les études de son choix, il intègre en 1952 la faculté des Arts appliqués de l’Ecole de chimie et technologique de sa ville natale. Il sort de cette école avec un diplôme et un savoir d’artiste du textile. Il obtiendra ensuite son diplôme universitaire avec mention (1956) et partira approfondir ses études à l’Institut du Textile de Moscou. Le jeune Slava y obtient en 1962 un diplôme en peinture (décoration et conception).
    Il épouse en 1959 Marina Zaitseva. De cette union naît en 1960 Egor Zaïtsev.

    L’amour de l’art

    Sa maman a influencé le choix de sa carrière car c’est en aidant sa mère blanchisseuse que Slava a été captivé par le blanc immaculé des linges et des broderies. Par affection pour sa mère, il s’initia à la broderie en réalisant des petits oreillers en utilisant divers points de croix. Mais pour pouvoir broder, il fallait commencer par compter et dessiner… C’est à ce moment qu’est né en lui un amour profond de la Nature. Slava dessinait tout ce qui l’entourait : œillets, muguets, cassis… Un monde infini de formes et de couleurs qui ont formé l’œil et l’esprit du petit Slava. Il appréciait la beauté essentielle de la Nature. Et savourait, comme beaucoup de slaves, ce bonheur ressourçant d’y appartenir.

    Zaïtsev sous toutes les coutures

    De fil en aiguille

    Slava Zaïtsev est tout à la fois peintre, poète, graphiste et couturier. Mais, il adore aussi endosser le costume de metteur en scène pour présenter ses modèles lors des défilés qu’il nomme le “théâtre de la mode”. Cette passion de la théâtralité a conduit Slava, en dehors de ses propres collections, à participer à la création de costumes pour des spectacles où il fut aussi scénographe.

    “La folle Journée” ou “le mariage de Figaro” de Beaumarchais sont des œuvres pour lesquelles Slava s’est investi pour le Théâtre Académique de la Satire à Moscou. On peut aussi citer ses collaborations auprès du Théâtre Malyi (Petit Théâtre de Moscou), au Théâtre d’art Anton Tchekhov ou encore au célèbre Théâtre Sovremennik. Il était évident que dans ce contexte, Slava fut aussi sollicité afin de créer des décors et des costumes pour le cinéma.

    Sa reconnaissance nationale s’accroît lorsque Slava Zaïtsev habille successivement les champions de l’équipe russe de patinage artistique, les hôtesses et stewards de l’Aeroflot… L’exemple le plus marquant sur le plan international sont les costumes que Slava a créés pour l’équipe russe aux Jeux Olympiques de Moscou en 1980, puis à ceux de Sarajevo en 1984.
    Enfin, le talent de Slava est aussi célébré lors de ses expositions photos ou de celles organisées à Los Angeles et San Francisco autour de ses peintures et dessins.

     

    La marque et la maison de couture

    Le seul couturier à avoir une maison à son nom : “La Maison de la mode”. La Maison de la mode a ouvert ses portes le 19 juin 1982 par un défilé théâtral : ses manteaux classiques noirs avec applications lui ont apporté une grande notoriété. Ce lieu est un cadeau fait par l’Etat soviétique à tous les moscovites à l’occasion de la fête de la capitale russe.

    Reconnaissance de ses pairs

    Après avoir reçu son diplôme à l’Institut du textile de Moscou, Slava Zaïtsev a obtenu une place dans une usine de la région de Moscou, où il crée des vêtements de femmes. Cette première collection du jeune couturier a provoqué le mécontentement des fonctionnaires car au lieu des habituelles tenues mornes des ouvrières, Slava a au contraire créé des vestes et des bottes colorées ainsi que des jupes avec des motifs de Pavlov Possad*. Le conseil artistique l’accuse d’exercer une influence néfaste sur le peuple soviétique. Dépité, Slava Zaïtsev s’est ensuite contenté de colorer les vêtements, ennuyeux et laids, à la gouache…
    Cependant en 1963, à l’âge de 24 ans Slava est interviewé par les envoyés spéciaux français pour le journal Paris-Match qui intitulent leur article “L’homme qui dicte la mode à Moscou”.

    Deux années après la sortie de l’article, Zaïtsev a été recherché à Moscou par Marc Bohan de Dior et d’autres créateurs de mode comme Guy Laroche et Pierre Cardin qui désiraient rencontrer ce Russe audacieux. Slava qui sort juste de ses études supérieures, fait alors connaissance avec ceux qui allaient devenir de grands couturiers. Un journal parisien publie une photo de Slava entouré de Pierre Cardin et de Marc Bohan, impressionnés par ses créations, dans un article intitulé : “les rois de la mode”. Cardin l’a même qualifié d’égal parmi ses pairs, et la presse française l’a baptisé “le Dior rouge”.
    Depuis, son nom est connu à l’Ouest, et ses collections sont présentées aux Fashion Weeks de Paris et de Florence. En 1988 pour la première fois dans l’histoire de la Haute Couture, la mode soviétique triomphe à Paris grâce à Slava Zaïtsev. Ce dernier est l’invité de Mademoiselle Carven où il présente sa nouvelle collection au Théâtre Marigny. Il est reconnu comme l’homme de l’année dans le milieu très élitiste de la mode. Plus tard, Slava deviendra citoyen d’honneur de la ville de Paris.

    Manifestations emblématiques de Slava Zaïtsev

    • La collection dite “Les saisons russes” présentée en 1988 à Paris et Munich, eut la particularité d’être conçue et réalisée à partir de tissus achetés dans l’Europe entière. Le défi étant de restituer une identité russe avec des tissus provenant de traditions ou cultures différentes.

    • L’exposition de Tokyo en 1989 où Slava Zaïtsev gagna le prestigieux premier prix des « 5 meilleurs créateurs de Haute-Couture du monde » avec comme compétiteurs Donna Karan, Claude Montana, Hanae Mori et Byblos.

    • 1992 a également été une année importante dans la carrière de Zaitsev, car c’est alors qu’il a présenté pour la première fois sa récente collection de mode, dans des lieux prestigieux comme New York ou Beverly Hills. Jamais auparavant la mode russe n’est montée sur les podiums américains. Les défilés de mode ont eu lieu aux Galeries Bowles-Sorokko, sur la côte Est et la côte Ouest, et ils ont été largement fréquentés, marquant le début d’échanges culturels entre les États-Unis et la nouvelle Russie.

    • 2 expositions personnelles en Belgique en 1993-1994.

    • Le théâtre de la mode Slava Zaitsev, qui a participé au Festival international de la Mode à Berlin en 1999,  fut l’opportunité de mettre en évidence l’incroyable travail novateur de ce grand couturier devenu une icône incontournable de la mode.

    • Lorsque le président de la Russie, Vladimir Poutine, dut se rendre en visite d’État au Royaume-Uni en juin 2003, Zaitsev fut sollicité afin de concevoir les vêtements pour la Première Dame de Russie,Lyudmila Putina. Cette visite officielle comprenait aussi une audience avec la reine Elizabeth II.

    • Après avoir visité Ashgabat en juin 2008 pour une exposition textile turkmène, Zaitsev fut fasciné par les vêtements traditionnels turkmènes et créa une nouvelle collection incorporant des éléments turkmènes traditionnels. La collection de vêtements fut d‘une part, faite exclusivement de coton du Turkménistan et d’autre part, comporta la broderie traditionnelle turkmène qui avait tant captivé l’imagination de Slava.

    • La Fashion Week Russia, soutenue par Mercedes-Benz au Manège de Moscou en 2012, fut dédiée aux 50 ans de carrière de Slava Zaitsev ainsi qu’aux 30 ans de la maison de mode portant son nom. Les visiteurs ont pu voir ses créations de 1982 à nos jours. Y figurait entre autres, la collection vraisemblablement la plus connue : l’anniversaire des mille ans de la christianisation de la Russie qui fut présentée en 1987-88 à New-York et à Paris.

    Exposition L’Ermitage de Saint Petersburg

    • Plus personnelle fut l’exposition organisée à l’Ambassade de Russie à Londres. Celle-ci souligna comme une évidence le lien étroit qui existe entre les tableaux de Slava Zaïtsev et son parcours de couturier. Le sentiment d’une continuité qui se prolonge dans ses préoccupations artistiques, dans le choix de ses thèmes. Les peintures et dessins les plus personnels de Zaitsev ont alors été exposés en Occident. Car Slava peignait depuis de longues années. Hélas, ses œuvres ne quittaient pas l’Union Soviétique parce que “en dehors des dogmes du réalisme socialiste». L’Occident a pu alors prendre conscience de tous les domaines d’excellence d’un couturier d’exception.

    • L’Ermitage de Saint Petersburg a honoré en juin 2016 l’œuvre de Zaitsev avec une vaste exposition sur son travail. L’exposition dévoile de nombreuses créations de la Maison de mode Slava Zaitsev à Moscou au cours des 30 dernières années, ainsi que des croquis de conception de vêtements et des photos du couturier. Plus d’une centaine de ses modèles, tirées des différentes collections présentées fut ainsi présentée à un large public.

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